dimanche 28 novembre 2010

Un album... Cath A Fire, BOB MARLEY AND THE WAILERS (1972)

Premier album enregistré par les Wailers, c'est-à-dire Bob Marley, Bunny Livingstone, Peter Tosh et les frères Barret, pour Chris Blackwell et son label Island. Cet album entame une révolution dans la musique jamaïcaine surtout dans le reggae, créée quelques années auparavant, Catch A Fire intègre dans on reggae des éléments de diverses musiques populaires internationales du rock, du blues, de la soul, du funk. On distingue dans cette alchimie l'ambition de Marley d'internationaliser ce son nonchalant mais au qu'on bien moderne qu'est le reggae. Marley avait cette génial ambition de populariser la musique qu'il jouait pour servir ses fins, c'est-à-dire de porter la parole rasta mais surtout de devenir une star internationale ce qui deviendra très vite. Mais revenons à ce disque, qui est le premier véritable album des Wailers, les autres n'étaient que compilations de singles, il offre des perspectives intéressantes tant qu'au niveau du son que des harmonies où les chœurs se font dans la pure tradition des vocalistes. La guitare rock de Peter Tosh fait des merveilles sur les nombreux titres et la voix cristalline mais forte de Bob Marley se délecte du son très smoothie de son jamaïcain. Catch A Fire c'est aussi des tubes comme "Stir It Up", "Concrete Jungle", "Kinky Reggae" ou "No More Trouble", la force de Marley s'est d'alterner des textes aux messages forts et des chansons plus futiles. Catch A Fire se révèle commun album moderne que LKJ le qualifie d'ouvert sur la musique moderne.


A ECOUTER: Bob Marley & The Wailers, Catch A Fire (Island)
A LIRE: Bob Marley, de Stephen Davis(Seuil, 1992)
Bob Marley, le reggae et les rastas, de Bruno Blum (Hors Collection, 2004)


mardi 12 octobre 2010

Give Me Five Webzik n°16 Octobre 2010

Give Me Five n°1 Octobre 2010


ALOE BLACC
, Good Things

Passer d'un genre à l'autre est un exercice périlleux pour artiste, mais quand l'artiste en question a du talent c'est alors un pur régal. C'est le cas d'Aloe Blacc qui sort pour son deuxième opus, un disque résolument soul. Du hip hop à la soul, il y a qu'un pas vous vous dites, car nombre de rappers ont largement puisé dans cet univers, mais ici le néo soulman le fait avec brio et avec passion. Mais la force du chanteur, c'est de proposer des textes engagés, loin des stéréotypes mielleux du genre et en s'accompagnant d'un groove terrible et dansant emmené par les musiciens du label Thruth & Soul (les mêmes que ceux de Lee Field). Prenez le titre "I Need Dollar", celui-ci parle du désespoir, de la crise économique et ceux-ci est raconté sur une mélodie funky enjoué qui a fait malgré lui un tube planétaire. De la ballade moite au hit funky, les treize titres sonnent déjà comme un classique pour les générations futures.


A écouter: Aloe Blacc, Good Things (Stones Throw/Discograph)
En ligne: www.stonesthrow.com

Give Me Five n°2 Octobre 2010



TIKEN JAH FAKOLY
, African Revolution

Il y a des disques qui marquent un changement dans la carrière d'un artiste, c'est le cas de l'ivoirien Tiken Jah Fakoly. Exilé depuis des années à Bamako, le chanteur a puisé dans la musique traditionnelle malienne pour construire son nouvel album: balafon, kora et autres instruments traditionnels sont à l'honneur. L'homme propose un afro reggae surprenant et étonnant, il s'évertue plus à simplement à copier les bases du reggae jamaïquain mais à publier un vrai mélange des genres, un album très africain en fin de compte. L'homme tient toujours à son discours engagé à la vision panafricaine, comme le montre la pochette du disque, où le voit le grand bonhomme en cavalier en poing levé, Tiken Jah Fakoly s'impose comme l'un des leaders du reggae africain et même au-delà. Plus que jamais révolutionnaire, plus que jamais africain.


A écouter: Tiken Jah Fakoly, African Revolution (Barclay/Universal)
En ligne: www.tikenjahfakoly.net


Give Me Five n°3 Octobre 2010


JOHN LEGEND & THE ROOTS
, Wake Up!

Dans la lignée de la collaboration pour le nouvel album de The Roots, John Legend et le combo de Philadelphie remet ça, mais cette fois ci c'est pour le chanteur que le groupe se plie en quatre. Une ambiance très sixties s'échappe de ce disque, John Legend revisite quelques standards de cette période pioché dans les chants militants pour les faire revivre dans cette période où l'espoir a fait place au désenchantement. C'est également un retour aux sources pour cette génération bercée de hip hop, avide de renouer avec l'expression viscérales des prédécesseurs. Comme toujours la rythmique est rondement mené par Questlove? (Ahmir Thomson), la qualité de l'interprétation de Legend est impeccable et évocatrice de la jouissance qu'il en retire. Quelle association, quel feeling, ceux-là se sont bien trouvés et tant mieux pour nous.


A écouter:
John Legend & The Roots,
Wake Up! (Columbia/Sony)
En ligne: www.johnlegend.com

Give Me Five n°4 Octobre 2010



340 ML
, Sorry For The Delay

La scène sudafricaine ne cesse de nous étonner depuis quelques années avec l'apparition de groupes de qualité tel que Tumi And The Volume. Le groupe est en encore au centre de cet affaire, du moins deux de ces trublions, en effet le batteur et le guitariste forme avec de nouveaux comparses ce groupe à la musique raffinée. 340 ML, cousin funky de Tumi & The Volume, publie cet album qui est resté longtemps confidentiel aux oreilles hexagonales (il est sorti en 2008 en Afrique du Sud), mais vaut tard que jamais son groove chamarré sort donc ce temps-ci. On y remarque que l'album apporte un équilibre de couleurs finement nuancé: funk, dub, pop, jazz et marrabenta mozambicain cohabite avec allégresse. A la manière de groupe néozélandais Fat Freddy's Drop, 340 ML propose une musique de légèreté où le reggae base de tout, s'étoffe de mélodies et d'harmonies soyeuses.


A écouter:
340 ML, Sorry For The Delay (Bi-Pôle)
En ligne: www.myspace.com/340ml


Give Me Five n°5 Octobre 2010


ANTONY & THE JOHNSONS,
Swanlights

Libre, il est Antony Hegarty, il peut désormais donner libre cours à son créativité et à ses impulsions artistiques. Pour preuve, ce quatrième opus déroute et laissera plus d'un perplexe, mais le chanteur n'as que faire et déploie ses ailes, parcourent sa voix androgyne sur des des mélodies aux tessitures tantôt harmonieuse tantôt complexes. Enrichie de son escapade, à l'été 2009, avec un orchestre philharmonique, le new-yorkais d'adoption publie un disque plus lumineux que ses prédécesseurs et richement orchestré, à la manière d'un peintre impressionniste ou surréaliste selon l'angle de vue Antony Hegarty apporte des touches, des textures, des couleurs pour modeler ce bel objet qu'est Swanlights. Magnifiquement annoncé par le très soulful "Thank You For Love", l'album permet d'intégrer le monde en mutation perpétuel d'Antony & The Johnsons. Désormais, Antony est un oiseau.


A écouter: Antony & The Johnsons,
Swanlights (Rough Trade/Beggars)
En ligne:
www.antonyandthejohnsons.com